Rencontre avec le réalisateur Kader Condé, Guinéen venu chercher des contacts dans le cadre de ses activités cinématographiques.

Auteur de 14 films long- métrages et de 250 films court-métrages, le jeune Kader est remarquable par ces dreadlocks ou rasta. Il nous parle de son parcours, de difficultés rencontrées dans ses activités et surtout de comment il s’est retrouvé au FESPAC… Pourtant titulaire d’un master 2 en Droit, il ne vit que pour le cinéma’’

Parles-nous, brièvement, de ton parcours dans le cinéma

J’ai commencé le cinéma en 2009. Je suis diplômé de l’institut supérieur des Arts du Mali avant de suivre des cours pratiques à l’institut supérieur des arts de Guinée. En qualité d’Assistant réalisateur avec des réalisateurs confirmés. Mon premier film est intitulé ‘’ Les rivières du Sud’’ qui retrace l’histoire de la Guinée des années coloniales à l’indépendance en 1958, c’était en 2009. A partir de là, je suis devenu indépendant. Ensuite, j’ai réalisé ‘’La réconciliation nationale’’. Et, depuis cela j’ai enchainé. Mais ce que vous devez retenir c’est que je suis auteur de 250 court-métrages. Notez bien le nombre, c’est 250 films court-métrages, je suis venu avec tout cela, je vous le montre (Il allume son ordinateur et commence à afficher les films). Voyez, ce sont des films que je produis moi-même, j’ai l’avantage de connaitre le montage donc, je monte mes films, je réalise et parfois je joue. J’ai aussi deux séries télévisées qui viennent s’ajouter à mon répertoire de films. Je ne vis que pour le cinéma. Je suis, aussi, titulaire d’un master 2 en droit. Voilà un peu mon parcours.

Ensuite…

Vu que l’Etat ne se soucie pas du cinéma en Guinée, j’ai essayé de trouver une formule pour avancer et palier ce déficit de moyens financiers. Vous savez que le cinéma c’est l’argent pour la production, mais si vous en avez pas et que ceux qui en ont n’accordent aucune importance, il vous revient d’utiliser le terrain, comme n dit. C’est ainsi que j’ai décidé de créer un groupe composé de comédiens, monteurs, cadreurs, qui travaillent avec moi, sur mes projets. Tous sont sous contrats avec moi. Et, tout est clair entre nous. Je ne paye pas de cachets sur les tournages, on travaille et on essaie de placer les films et chacun a les retombées de ce qu’il a fait dès que nous avons un preneur. C’est comme ça

Comment es-tu venu au FESPACO

Dans l’histoire de la Guinée, depuis 1970, l’institut des arts n’as pas été représenté en grand nombre au FESPACO. Pour ce 50ème anniversaire, l’institut des arts de Guinée a postulé dans plusieurs catégories en compétition. Sur 25 films proposés, le FESPACO a retenu 3 dans les catégories ; de film d’Ecole ‘Le taraud du lion’’ et ‘’Es-ce Dieu ?’’, et en court-métrage dont j’ignore le titre et on m’a, aussi, dit qu’il y’a d’autres Guinéens mais je n’ai pas d’infos sur eux. Nous à l’ISAG, nous avons mis nos synergies en commun pour représenter la Guinée. C’est dans ce cadre que je me retrouve au FESPACO. Parallèlement, je dois dire que je suis venu pour des contacts sur le terrain. C’est pourquoi je suis là.

Est-ce-que le ministère en charge de la Culture t’as assisté ?

Non pas du tout. Je me suis pris en charge pour être là. Je n’ai reçu aucune aide des autorités. Même ceux qui ont été, officiellement, invités par le FESPACO, par ce qu’ils ont leurs films en compétition, ont eu du mal être là. L’ONACIG (Office national du Cinéma Guinéen) qui est charge du cinéma doit beaucoup plus se bouger pour le cinéma. Y’a des talents dans notre pays. Mais, nous n’avons pratiquement pas de soutien. Par manque de moyens, nous avons loué deux taxis qui ont fait la route Conakry-Ouagadougou afin de transporter des participants. J’ai personnellement pris un engagement de dettes de 6 billets et des frais d’hébergement et nourritures pour des jeunes qui ont pu faire le déplacement. Un film, ce sont des techniciens et des comédiens. Il se trouve que, quasiment, tous, veulent venir soutenir les films Guinéens par ce qu’ils sont, directement, concernés. C’est dommage que ça se passe comme ça. Il faut que l’Etat Guinéen révoit sa position concernant la culture.

Propos recueillis par Marco Ibrahim. Ouagadougou

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