Fondée il y a de cela 16 années, le groupe musical Djèré Foutah-traduisez du Poular, Génération ou classe d’âge-s’est révélé et imposé, peu à peu,  par sa particularité sur la scène musicale guinéenne. Ces musiciens traditionnels qui chantent et dansent tous ont l’avantage de fabriquer leurs propres instruments de musique et d’inspirer les couturiers pour leurs tenues de scène si singulières ; le mouvement du ‘’baraya’’; pantalons très bouffants, est une autre attraction

Le groupe Djèré Foutah regroupe des artistes venus d’horizons divers des contres forts de la région montagneuse du Foutah Djallon ; Dalaba, Pita, Kindia, Labé, Mamou. Mais, le groupe est basé à Conakry, la capitale de la République de Guinée. Ces musiciens animent les nuits chaudes de la capitale et environs et les préfectures de tout le pays. Ils se sont taillé une place de choix dans le paysage musical Guinéen.

Ils proposent de la musique traditionnelle inspirée, à l’origine, par les cantiques religieux musulmans du Foutah Théocratique. De ces cantiques religieux est né le rythme Djaria, très mélodieux et très dansant par séquence. Une association de chants religieux et d’instruments traditionnels entre autres ; le Tambiin, la flute pastorale (appelée la flute du berger), le Gnègnèrou (Le violon Peul), le Tounnè (Instrument à vent joué comme le saxo) Les Laala (Les Castagnettes), le Hordé (La Calebasse) et plus tard, le bolon venu du manding, le Djembé Peul-un instrument répandu dans toute l’Afrique. Et bien sur les voix en chœurs qui accompagnent les envolées du lead vocal Djouma Laali et du Parolier Bhouly Dalaba soutenus par tous les autres membres du groupe qui chantent aussi. Djèré Foutah est ce groupe dont les chansons sont fredonnées par tous leurs fans à travers la Guinée.

Sur la singularité de ce groupe, le lead vocal et leader, précise : « C’est nous-mêmes qui fabriquons nos propres instruments traditionnels. Nous avons l’intime conviction de promouvoir la culture Peule du Foutah Djallon », explique, Mamadou Djouma Bah, communément appelé, Djouma Laaly, le co-fondateur de Djèrè Foutah.

Sur l’inspiration du nom de leur groupe de musique, Djouma Laali, continue : « Quand j’étais enfant, mes amis et moi avions l’habitude, chaque soir, d’organiser des veillées. On chantait et dansait à la belle étoile. Au fur et à mesure, j’avais acquis la réputation de chanteur et les gens m’adulaient. Je ne connais que la musique et c’est ce que j’ai pratiqué  partout où Je suis allé en Sierra Leone, au Mali, en Côte d’ivoire, au Sénégal. A mon retour à Conakry, j’ai retrouvé un frère du nom d’Amadou Diawo Diallo, excellent joueur de Gnègnèrou (paix à son âme). Il avait formé avec d’autres, une troupe artistique appelée Nafayaa. On est resté dans ça pendant longtemps. Un jour, nous avons eu l’idée de créer le groupe Djèré Fouta. Parmi les membres fondateurs, il y en a qui sont morts, d’autres sont partis en voyage. Actuellement, nous sommes 11 membres. Nous avons un atout ce que tous les membres chacun joue son instrument et chante aussi », explique Diouma Laaly qui s’exprime toujours avec beaucoup d’enthousiasme.

Le sauvetage de Guinée 70 Multimédia…

Peu avant la fin de l’année 2015, le groupe était en difficulté, quelques membres influents avaient quitté le navire musical et avaient prédits la dislocation de Djère Foutah… C’est dans cette atmosphère que le journaliste Culturel Marco Ibrahima Sory Bah, fondateur du journal Culturel Guinéen, Podium Magazine-www.podiumagazine.com- s’est intéressé au groupe.

Après un échange avec le lead vocal Djouma Laaly sur l’actualité du groupe, Marco Ibrahima qui venait de fonder la structure d’édition médias, de productions et de diffusion de contenus, Guinée 70 Multimédia, a décidé d’accompagner Djèré Foutah pour lui permettre de continuer d’égayer les mélomanes de cette musique. Pour redonner une nouvelle dynamique au groupe, la première mesure a été de nommer Ibrahima Diallo Légous au poste de manager de Djèrè Foutah.  Ensuite, un des titres phares du groupe ‘’Mi yaata ka wondho wo’’ traduisez de Poular ‘’ Je ne vais pas chez n’importe qui ‘’a été remixé et dédicacé aux médias Guinéens qui ont bien accueilli le titre. Et le clip fut diffusé en boucle sur les Télévisions du pays. Puis, les radios, les journaux, les sites internet prirent le relais. Ainsi, la stratégie de relance mise en place par  Guinée 70 Multimédia avait marché

Et désormais, Djèrè Foutah qui venait d’être sauvé et placé sur orbite est invité à toutes les cérémonies officielles de la Guinée. L’aventure pouvait continuer dans le bon sens de valoriser la musique traditionnelle si particulière du Foutah.

Les Hirdès (Veillées-Soirées) chaudes de Conakry et environs draient du monde. Djèré Foutah revenait de la plus belle des manières avec ces artistes talentueux et son répertoire riche et varié.

Transmettre ce savoir musical…

Depuis sa création, Djèré Fouta a sorti 3 albums « Wallan Mi Wallé », traduisez du Poular ‘’Aides-moi, je vais t’aider’’, l’album « Bayo-Bayo » signifiant ‘’Bah de Bah’’ et ‘’Albarka’’qui veut dire ‘’Merci’’ et plusieurs singles à succès…

Il est à noter que les membres du groupe sont tous âges de plus de 50 ans. Et les artistes et la structure d’encadrement sont face à un défi. C’est celui de rajeunir l’effectif. Permettre aux artistes de passer le témoin à une nouvelle génération de musiciens qui reprennent le flambeau afin que les chants, danses et instruments traditionnels du Foutah continuent de donner du plaisir aux mélomanes du monde entier. Comme quoi, Djèré Foutah forever !!!

Les tournées Africaines et Dubaï

Le groupe Djère Foutah a tellement cravaché en Guinée que des mélomanes de la sous -région Ouest-Africaine  réclament leurs prestations hors des frontières du pays. Ainsi, la bande à Djouma Laaly a presté au Sénégal, au Mali en Gambie, en Sierra Leone et très récemment à Dubai, lors de l’Exposition que la Guinée a honoré dans ce pays du golfe. Le groupe sollicité partout s’internationalise, comme on le constate.

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